Les artistes de la saison

La saison graffiti est l’occasion de créer un dialogue entre les graffitis historiques et des artistes plus contemporains. 

Huit artistes ont investis de leurs œuvre le Fort Saint André, la Quinzaine du numérique a pris ses quartiers dans les tours de la Rochelle et Marie Chené et david Poullard ont posé leurs mots poétiques au château d’If. 

Trois artistes, associés au monde urbain et au street art, ont eu carte blanche pour instaurer un dialogue inédit avec nos monuments et leurs graffitis : C 215 au Panthéon, Madame au château d’If et le duo Lek et Sowat dans la tour Saint Nicolas à La Rochelle.

C215 au Panthéon

Christian Guémy, plus connu sous sa signature C215, est un street artiste parisien spécialiste du travail au pochoir. Né en 1973, il exécute ses premières peintures à la bombe en 2005. Aujourd’hui, il est l’un des plus reconnus et des plus productifs sur la scène du street art. Avec une maîtrise méticuleuse de la technique du pochoir, il capture lumière, profondeur et humanité des sujets qu’il choisit de mettre en valeur. Parfois reprenant des grands thèmes de l’histoire de l’art, ou en donnant leur place à des hommes de la rue, cet artiste peintre remet le portait en vue. 

   

Bacchus - DR - C215

 

« J’essaie d’interagir avec le contexte, ainsi je place dans les rues des éléments et des personnages qui proviennent de la rue. J’aime à montrer des choses et des personnes que la société souhaite passer sous silence : sans -abris, fumeurs, enfants des rues, amoureux installés sur des bancs publics par exemple. » (citation traduite depuis l’Anglais) 

  

C215 interviendra dans les rues du Vème arrondissement pour mettre en lumière les grands hommes et femmes honorés au Panthéon, et dans un espace de la crypte de ce monument des grands hommes.

Pour retrouver son travail : 
https://c215.fr/
https://www.facebook.com/c215stencils/
https://www.instagram.com/christianguemy/

Lek et Sowat, en résidence aux tours de La Rochelle

Travaillant en binôme depuis 2010, LEK (1971, France) & SOWAT (1978, France / Etats-Unis) partagent un goût commun pour l’exploration urbaine. Poussant les limites du graffiti traditionnel, leurs expérimentations in situ réunissent vidéos, abstractions architecturales, installations et archéologie créant ainsi une forme moderne de land art.

 

Lek & Sowat - Les Murs de la L2 -  © Laurent Carte _ Magellan

 

En 2012, le projet ‘Mausolée’ organise une résidence artistique clandestine dans un centre commercial abandonné de la capitale. Entouré d’artistes iconiques des arts urbains, Lek & Sowat passent ensuite deux années à créer une exposition expérimentale dans les issues de secours du Palais de Tokyo, initiant ce qui deviendra le Lasco Project. En 2015, ils sont pensionnaires pour un an à la Villa Médicis de Rome. Ils sont les invités de la ville de Chandigarh en 2018 pour intervenir sur la station de bus dessinée par Le Corbusier. 

 

Lek & Sowat -  Projections 350 ans de l'Academie de France a Rome – © Svend Andersen

 

Pour cette saison graffiti, ils investissent la tour Saint Nicolas au cours du mois de mai pour une réflexion autour du graffiti et du monumental.

Pour retrouver leur travail : 
https://mausolee.net/ 
https://www.instagram.com/lek_______75019/ 
https://www.instagram.com/sowat_dmv/  

 

Madame, invitée du château d’If

Comédienne et scénographe de formation, Madame fait partie de la nouvelle génération d’artistes urbains, qui interviennent en extérieur mais mixent différentes techniques (collage, impression, mais aussi récupération d’objets). Elle les travaille à deux échelles, en petit format, les petits « castelets », créés dans l’intimité de son atelier, se muent ensuite en véritables scènes de théâtre à ciel ouvert dans l’espace public. Elle a participé à de nombreuses expositions ou projets, et certaines de ces œuvres sont exposées dans les espaces de l’Ecole 42.

 

Madame © Madame

 

Sa technique consiste à retravailler de vieux documents et vieilles photographies pour en refaire de nouvelles images, plus contemporaines. Au château d’If, elle a disposé deux installations, sur deux thèmes centraux : l’amour et le temps. 

 

Le temps, Madame © CMN

 

L’évocation de l’amour prend la forme d’un mur de boites de carton, qui portent la phrase  « De guerre lasse le cœur rend, parfois, la raison qu’il tenait si bien séquestrée ». Sur le temps, elle a choisi une installation dont le message en lettres d’or – « avec le temps, les maux se font parole » entoure un visage féminin.

  

« Dans les lieux d’enfermement, le temps, qui semble manquer à l’extérieur, semble se dilater, se distendre et transformer les perceptions. Ce qui est intéressant au château d’If comme dans tous les lieux d’enfermement, c’est le temps qui est donc consacré aux petits riens, aux choses imperceptibles. La moindre échappatoire apparaît comme une évasion, celle de l’esprit comme celle du temps.

Aussi, le fait de graver dans la pierre ou encore le bois dans de tels lieux a un rôle paradoxal, celui de faire passer le temps plus vite par le biais d’une activité manuelle dans laquelle le cerveau s’évade, mais aussi, celui de figer le temps, et de graver dans une matière pérenne un instant. Le temps devient ainsi messager et fardeau, faisant se muer les mots en paroles, en gravures et donc en témoignage... » Madame

Pour retrouver son travail :
www.madamemoustache.fr
www.facebook.com/madamestreetart
www.instagram.com/madamemoustachestreetart