Graffiti, une définition

Vandalisme, tags, gribouillis… autant de termes, souvent péjoratifs, associés dans l’imaginaire collectif au graffiti. Et pourtant, le graffiti est une pratique qui était très répandue, qui a pris de nombreuses formes. Comment peut-on le définir ? 

Le graffiti, une étymologie riche

Le graffiti trouve ses origines dans l'Antiquité : le terme vient du mot latin graphium, qui désigne un stylet utilisé à Rome pour inscrire, et écrire, notamment dans la cire. On l'associe aussi au verbe grec graphein, qui veut dire écrire mais aussi dessiner. Il parsème les murs de Pompéi, recouvre l’agora de Smyrne, ou encore marque les étapes des voyages des scribes le long du Nil. Il ponctue fréquemment les moments clés de l’histoire et constitue à la fois une source de témoignages et une sorte de livre ouvert pour nous raconter d’autres histoires, celles de ceux qui nous ont précédés.

 

 

Le graffiti, la trace d’un geste spontané

Ce qui caractérise le graffiti, c’est qu’il résulte d’un mouvement, d’un geste réalisé par un graffiteur. Les graffitis gardent souvent le mouvement qui les a créés dans leur forme. Cette action est spontanée, elle ne suit pas un dessin préalable et est souvent réalisée de manière impulsive, à la différence d'une oeuvre réalisée par un artiste. Enfin, on parle de la trace laissée par le graffiti, car nous  regardons ce qu’il en reste de ce geste, aujourd'hui, avec un temps de décalage par rapport au moment de sa création. 

  

Donjon du château de Vincennes, graffiti de prisonnier daté de 1850 dans une pièce du troisième étage

 

  

Ce que le graffiti n’est pas

Toutes les marques murales ne sont pas des graffitis. Les marques de tâcheron, ces signes codés qu’on retrouve sur les pierres des monuments, et qui rappellent souvent quel tailleur de pierre avait réalisé le travail, ne sont pas toujours considérés comme des graffitis. On leur donnait en effet une fonction pratique très claire, celle d’identifier le travailleur et de pouvoir ainsi le payer selon la tâche abattue. On parle alors de signes lapidaires. 

               

signes lapidaires à Aigues Mortes

Photo : signes lapidaires aux Tours et rempart d'Aigues-Mortes 

 

On écarte aussi de la catégorie graffiti les fresques et œuvres créées par des artistes sur les murs. 

Une frontière qui reste floue

Derrière ces définitions, et surtout dans la longue histoire du graffiti depuis l’Antiquité, les frontières ne sont cependant pas si strictes. Tout d’abord, parce qu’on ne connait pas tous les graffitis. Ensuite, parce que certaines marques murales restent difficiles à classer. Par exemple, où ranger les marques rondes et creuses sur les façades des églises ?

Que dire des dessins tracés à la sanguine sur les murs des cachots du château de Vincennes, peut-on réellement parler de peintures ? 

 

Abri du Poisson, main négative

Photo :  Abri du Poisson, main négative

 

Enfin, parce que l’étude des graffitis ne peut être cantonnée à une période historique : peut-on considérer les graffitis laissés par les Sex Pistols des années 1970 dans un appartement comme des graffitis à étudier ? Et que penser des mains laissées par les hommes préhistoriques dans leurs grottes ?

À vous de vous faire une idée !

 

Donjon du château de Vincennes, peintures murales dans la salle surnommée "D de R"

 

Photo : Donjon du château de Vincennes, peintures murales dans la salle surnommée "D de R"