Illustres ! C215 autour du Panthéon

Rendez-vous au Panthéon et dans les rues du Ve arrondissement pour découvrir le parcours "Illustres ! C215 autour du Panthéon" 

Le parcours-exposition

Le parcours « Illustres ! C215 autour du Panthéon » est né d’un intérêt renouvelé pour les milliers de graffitis anciens du monument. Il s’agit pour l’essentiel de marques des visiteurs, ou des ouvriers, anonymes pour l’histoire, qui veulent laisser une trace de leur passage dans ce lieu, à côté de celui des personnalités qui y sont honorées. Si les visiteurs ont inscrit leurs noms sur les murs du Panthéon, pourquoi les grands personnages ne s’inscriraient-ils pas dans le quotidien de chacun ?

Faire dialoguer les grandes figures héroïques de notre histoire avec notre quotidien contemporain, faire du graffiti un signe de continuité entre espace public et lieu monumental : c’est le défi relevé par Christian Guémy, alias C215, qui, avec ses délicats pochoirs, précipite les illustres du Panthéon dans la rue. L’artiste réussit le tour de force de rendre à chacune des personnalités une sensibilité révélatrice de son engagement, du modèle qu’il peut être pour tous.

La démarche relève tout à la fois du parcours construit que l’on peut suivre pas-à-pas, mais il faut aussi que le visiteur, le promeneur, se retrouve comme par surprise, au détour d’une rue, face au regard saillant et vif d’un illustre. Par ce soudain rapprochement entre les graffitis du passé et les œuvres de C215, le visiteur d’aujourd’hui découvre toute l’humanité qui fait la force du Panthéon.

C215 réalisant le portrait de Berty Albrecht à Paris © C215 / ADAGP 2018

La biographie de C215

« Peu de moments de l’enfance ou de l’adolescence ont autant marqué leur empreinte sur un artiste. Né en 1973, Christian Guémy perd sa mère alors qu’il n’a que six ans. Ce sont ses grands-parents qui l’élèvent, avec ses oncles et tantes. Cette fratrie marque Christian entre volonté d’intégration et envie de liberté.

Eloigné de toute sensibilité culturelle, le jeune Christian se forme seul, se confronte de manière intuitive aux œuvres d’art. Sa formation universitaire le conduit à Paris, c’est tout à la fois un éloignement familial presque choisi et une rupture qui crée un nouveau manque. C’est après une première période professionnelle que la création artistique s’impose dans sa vie, après une rupture cette fois avec son ancienne épouse et sa fille Nina.

Après des visages torturés, il développe un art du pochoir sensible qui révèle – avec une acuité extraordinaire – la profondeur des hommes et des femmes représentés. Son travail se caractérise par une volonté inextinguible d’être accessible à tous, toujours au plus près de ses figures  représentées. Ainsi, pour être au plus proche d’elles, il colonise leurs objets. Ces figures sont celles de son humanité, de ses choix : des animaux, sa fille, ses héros.

Pour cette exposition, le choix de vingt-huit grandes figures du Panthéon fut rude, tant par sa générosité, il voulait embrasser le plus grand nombre. Ce choix laisse percevoir l’histoire, les valeurs qui sont les siennes. » David Madec