Histoire(s) de graffitis : l'exposition du château de Vincennes

Le château de Vincennes sera l’un des centres névralgiques de cette saison graffiti en accueillant une exposition introductive, qui associe images, documents et analyses, pour présenter et expliquer le corpus de graffitis du Centre des monuments nationaux et d’ailleurs.

L’exposition propose un parcours en 5 étapes, illustrant l’apparition des différentes formes du graffiti, son étude, ses exemples dans le château de Vincennes, ses messages, et son héritage. 

Les graffitis, des formes variées

Le graffiti n’est pas régulier et prévisible. Que ce soit sur sa forme, son support ou les thèmes qu’il aborde, il recouvre une grande variété de sujets et d’apparences. On le retrouve sous forme de symboles, de codes ou encore de dessins. Il est présent essentiellement sur des murs, mais aussi sur des briques, sur des tessons de vaisselle, voire sur le sol. Enfin, la gamme des thèmes qu’il aborde va de l’amour à la mort, en passant par la guerre ou la religion.

 

Photo : Graffiti sur les remparts extérieurs, château d’Angers

  

Les graffitis, un patrimoine en danger, un patrimoine regardé

L’exposition reviendra sur la découverte des premiers graffitis et leur transformation progressive en objet d’étude puis de conservation et de valorisation. Les historiens en ont fait une source, les sociologues en font une base d’analyse et certains arts en ont fait une source d’inspiration, un décor pour leurs œuvres, notamment pour des auteurs comme Victor Hugo. Textes et relevés techniques dialogueront pour montrer comment la connaissance et la préservation des graffitis ont permis leur intégration dans des univers artistiques variés.

  

QUELQUES GRAFFITIS DE VINCENNES

Dans les différents monuments, les graffitis racontent les différents usages du monument et ouvrent la voie à une meilleure connaissance des visiteurs et habitants du lieu. Quelques graffitis du parcours de Vincennes seront ainsi mis à l’honneur et associé à des documents qui permettent d’éclairer leurs conditions de réalisation et leur sens.

Le graffiteur et ses messages

Choisir de graffiter, c’est vouloir s’exprimer. Mais les sujets abordés sont très nombreux et reflètent les préoccupations humaines à un moment donné. 

- (Se) raconter : chroniques de la vie d’un village, ou narration des aventures d’un prisonnier, le graffiti sert souvent à témoigner des événements, collectifs ou privés, qui perturbent la vie des hommes. Il se transforme aussi parfois en pense bête ou en passe-temps, pour tuer l’ennui, qu’on soit un enfant, un militaire en permission ou un prisonnier enfermé dans sa cellule. 

- Militer : le graffiti dans son essence est acte de rébellion et d’affirmation d’une conviction. On peut en décliner deux angles : celui  de la religion, avec son lexique iconographique de croix, calvaires ou formes d’églises, mais aussi celui de la politique, avec des slogans repris sur les murs pour revendiquer ou défendre une cause. Un des exemples les plus marquants, au croisement de ces deux axes, est le « Register » attribuée à Marie Durand. 

- Créer : le graffiteur utilise souvent sa gravure ou ses dessins pour retranscrire ses émotions, ses fantasmes, son envie d’un ailleurs idéal ou fantasmé. Il illustre ainsi des formes féminines idéales, ou nous plonge dans un monde imaginaire. Le graffiti se rapproche ici de l’univers créatif et artistique.

 

Photo : graffiti représentant le temps qui passe, murs du Panthéon

 

Les graffitis, une inspiration moderne

Si le graffiti n’est pas nouveau, sa présence dans des œuvres d’art ou tout simplement dans notre quotidien s’est multiplié avec le temps. Dans des séries à succès, comme les Simpson, Sherlock, House of cards ou La Servante écarlate, le graffiti fait partie de l’histoire et devient même le sujet de certains épisodes.

Il marque aussi des scènes clés dans des films comme Harry Potter et la chambre des secrets, ou Batman, film dans lequel le Joker appose sa main verte sur des toiles, associant ainsi la référence historique des marques des hommes préhistoriques, la symbolique du vandale et son importation dans la culture populaire.

 

Photo : Graffiti représentant Mickey sur les murs de la caserne Archambault, Place forte de Mont-Dauphin.